Oser sa vie.
« La liberté commence là où finit la peur du regard des autres. » — Osho
Billet d’humeur !
Depuis quelques mois, je fais un constat qui revient souvent dans mes échanges : beaucoup de personnes n’osent pas faire, n’osent pas décider, n’osent pas partir… seules.
Hommes ou femmes, peu importe. On attend l’autre. On attend que l’autre soit disponible, motivé, prêt, en vacances. Résultat ? On attend… et on ne fait rien.
Je pense à cet ami, retraité, marié à une femme encore très investie dans son travail – qu’elle aime profondément. Lui, il l’attend pour tout : aller au restaurant, visiter une exposition, aller au cinéma ou au théâtre, partir en voyage, même pour une simple escapade d’une semaine.
Alors il attend. Et pendant ce temps, sa vie est suspendue. Il déprime.
De son côté à elle, la pression monte. Le week-end, elle a besoin de se reposer. Pour les vacances, elle a parfois envie d’autre chose. Et sans même s’en rendre compte, chacun finit par reporter la frustration sur l’autre. Comme si l’un empêchait l’autre de vivre.
Alors qu’en réalité, il suffirait peut-être de quelque chose de très simple : faire ce dont on a envie, sans attendre.
C’est étonnant, mais souvent, quand on cesse d’attendre l’autre, quand on ose faire seul, c’est précisément à ce moment-là que l’autre a envie de se rapprocher, de partager, de faire avec nous.
La fameuse loi de l’attraction…
Autre exemple. Une amie dont le mari s’épanouit pleinement en reprenant ses études dans une autre ville, pour ne pas dire dans toutes les autres villes du monde entier ;). Je lui dis :
« Mais accompagne-le, tu peux travailler de n’importe où ! »
Sa réponse :
« Mais qu’est-ce que je vais faire toute seule, pendant qu’il sera occupé, dans une ville que je ne connais pas ? »
Ma réponse intérieure : Mais toooouuuuut. Absolument tout !
Et puis il y a cette autre amie qui rêve de voyager avec ses enfants dans un pays qui ne fait pas rêver son mari. Elle n’y va pas. Elle ravale son envie. Elle se frustre. Et peu à peu, elle en veut à son mari… alors qu’elle s’est empêchée elle-même.
Alors, mesdames et messieurs, arrêtons d’attendre l’autre ou les autres pour vivre.
Oser faire seul, c’est fabuleux.
Oui, la décision est parfois difficile. Oui, le départ est très désagréable et peut faire peur.
Mais une fois le pas franchi, il se passe quelque chose de très particulier.
Ce sont souvent dans ces moments où l’on ose seul — partir seul, entrer seul dans un restaurant, voyager sans compagnon, organiser son voyage seul — que la vie nous offre le plus de surprises.
Parce que lorsqu’on est seul, on est plus ouvert, plus curieux, plus présent à ce qui nous entoure.
C’est là que l’on fait des rencontres inattendues.
Que l’on vit des expériences nouvelles, parfois plus intenses, parfois plus authentiques que celles que l’on aurait vécues à plusieurs.
Quand on est seul, on ne se repose sur personne : on est plus concentré, on observe davantage, on écoute mieux, on se laisse guider par l’instant.
Et surtout, on se découvre soi-même autrement.
Oser seul, ce n’est pas s’isoler.
C’est élargir son monde, enrichir sa vie intérieure… et revenir différent.
Car très souvent, quand on revient de ces expériences-là, on revient plus vivant, plus aligné, plus inspirant.
On raconte, on rayonne, on partage.
Et sans même s’en rendre compte, on donne envie à l’autre. Envie de nous rejoindre, envie de faire avec nous, envie d’oser à son tour.
L’interview du mois
Avec ce rappel sur l’importance d’oser, ce mois-ci, j’avais envie de vous présenter Moonjin Kang, que tout le monde appelle Moon.
Réalisatrice coréenne pour la chaîne TVN, Moon a travaillé pendant près de quinze ans pour la télévision nationale en Corée du Sud, dans un rythme intense et très exigeant. Vers 40 ans, portée par un besoin profond de changement, elle ose partir seule en France, sans parler français ni anglais. Ce voyage marquera un tournant décisif.
Après avoir appris le français, obtenu un Master en cinéma audiovisuel à Paris, elle continue aujourd’hui à exercer le même métier, mais depuis la France, dans un environnement beaucoup moins stressant et plus libre.
C’est Moon qui m’a contactée via Instagram. Elle recherchait un mannequin femme de plus de 50 ans incarnant le bien vieillir, pour un reportage destiné au public coréen, diffusé en Corée.
Elle voulait comprendre mes choix de vie, mes habitudes, mes rituels : sport, alimentation, lifestyle… J’ai partagé très naturellement tous mes tips ;).
Puis elle m’a annoncé qu’elle viendrait tourner chez moi, avec son caméraman.
Ma première réaction ?
Whaaaat ? Jamais de la vie je ne laisse entrer quelqu’un que je ne connais pas, seule, dans ma maison. J’étais prête à refuser quand mon mari m’a rassurée : il serait en télétravail ce jour-là. J’ai donc osé. Et je ne l’ai jamais regretté.
Moon est aujourd’hui devenue une amie. Une femme inspirante, qui incarne pleinement l’idée qu’oser — même avec des doutes — peut ouvrir des portes inattendues. Ironie de la vie : désormais, c’est elle qui me fait découvrir Paris, avec son regard de touriste curieuse et sensible.
Quand je lui ai demandé ses conseils pour bien vieillir, sa réponse a été simple :
Apprendre à se connaître et s’écouter.
Rester ouvert d’esprit, sans juger.
Prendre soin de son corps : massages du visage, alimentation adaptée, mouvement quotidien.
Accepter que tout est possible, à tout âge.
Retrouvez l’interview complète de Moon ici


Le conseil du mois !
En lisant Madame Figaro la semaine dernière, je suis tombée sur un article qui m’a beaucoup parlé et dont j’ai eu envie de vous parler : « Le repos des guerrières ».
Ce n’est pas un simple titre, mais une invitation à redéfinir notre rapport au repos — surtout quand on a l’habitude de tout porter, tout gérer, tout anticiper, tout offrir. Ce qui n’est pas mon cas mais qui peut l’être pour beaucoup de mes amies.
L’article montre que, pour beaucoup de femmes, le repos n’est plus une récompense, ni une option, ni une pause “quand tout est fini”, mais un acte conscient de soin de soi. Et cela résonne tellement avec ce que je vis, ce que je vois autour de moi, et même ce que Moon évoque dans son interview sur l’importance de l’écoute de soi :
ne pas attendre d’être épuisée pour ralentir,
ne pas culpabiliser de faire une pause,
faire du repos un moment sacré, un choix.
Dans notre société, où l’on valorise souvent le faire plutôt que l’être, oser se reposer est un acte courageux — un peu comme oser partir seule, oser se découvrir, oser prendre soin de soi au quotidien.
Car c’est précisément lorsque l’on se repose vraiment — corps, esprit, coeur — que l’on retrouve l’énergie d’oser à nouveau, en meilleure forme, plus claire, plus alignée.
Alors mon petit conseil Happy Aging du mois pour les femmes mais également pour les hommes :
Faites du repos un rendez-vous avec vous-même. Choisissez un moment, un espace, une durée — courte ou longue — où vous n’avez rien à prouver, rien à faire, rien à produire.
Que ce soit une promenade lente sans but, une sieste vraie, un bain chaud, un moment sans téléphone, une soirée lecture ou un voyage en solo — offrez-vous ce repos comme un cadeau précieux.
Parce qu’en fin de compte, être un(e) guerrièr(e) bien reposé(e), c’est peut-être la forme la plus douce, la plus durable et la plus élégante de bien vieillir.

